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Cercle de lecture - Eldorado par Laurent Gaudé

Ici sera tout notre travail sur le livre Eldorado dans le cadre de notre cours de français.

Passages chapitre 11

Publié le 31 Mai 2016 par Sophie Fontana

Page 190 Le silence revint. Le bruit du moteur, seul, régnait. Salvatore Pirraci se jura de ne plus jamais répondre à aucune question. Même à la première, celle qu'ils posaient tous : "D'où viens-tu ?", même celle-là, il fallait la rejeter. Le silence. Il n'y avait que cela désormais. Il n'enverrait personne sur les routes. Il ne nourrirait le rêve d'émigration de personne. Il se tairait. Traversant simplement des pays qui lui seraient étrangers.

Ici, c'est comme si Salvatore se retrouvait de nouveau seul. Après avoir pu enfin échanger avec les voyageurs vers l'Europe, il ne veut plus parler et s'enferme lui-même dans un mutisme. Il connait ce qu'il se passe et veut leurs épargner une désillusion encore plus grande.

Page 195 " Je ne vis plus pour rien", pensa Salvatore Piracci en s'éloignant du petit groupe d'hommes. Les voix, dans son dos, continuaient à bercer les flammes. Il marchait sans but, d'un pas traînant, laissant simplement les phrases l'envahir tout entier. "Plus personne n'est là pour se soucier de ce que je deviens. Je ne laisse ni parents, ni femme, ni enfants. Une vie solitaire, décrochée de tout, qui roule sur elle-même jusqu'à épuisement. Ma disparition ne changera rien. Le grand ciel d'étoiles ne veille plus sur ma vie."

Ce passage me semble important car on a enfin une vraie longue pensée qui nous vient directement de Pirraci à la première personne, ce qui change de d'habitude. C'est aussi une vraie prise de conscience pour le personnage qui réalise que la solitude est bien plus dure que ce qu'il pensait.

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