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Cercle de lecture - Eldorado par Laurent Gaudé

Ici sera tout notre travail sur le livre Eldorado dans le cadre de notre cours de français.

Eclaireur des chapitres 8 et 9

Publié le 21 Mai 2016 par Franck Ducotterd in Chapitre 8, Chapitre 9

Passages sélectionnés pour le chapitre 8:

  1. Nous nous éloignons. Maintenant, il ne peut plus nous rattraper. Même s'il court et hurle, personne ne l'entendra. J'ai volé. Je plonge ma main droite dans ma poche. J'ai volé. Je serre les billets froissés entre mes doigts. Je suis une bête qui fait mordre la poussière à ceux qu'elle croise. Je suis une bête charognarde qui sait sentir l'odeur de l'argent comme celle d'une carcasse faisandée. p.146
  2. Le dégoût s'empare de moi. Je suis laid. Je pense à mon frère qui me cracherait dessus s'il savait. Je pense à ce que j'étais lorsqu'il m'a pris avec lui dans la voiture et que nous avons fait le tour de notre ville. C'était il y a quelques semaines à peine, et je suis déjà si vieux. Je change peut-être plus vite qu'il ne le fait, lui, là-bas. La maladie le détruit moins radicalement que ce voyage ne me ruine. Je suis laid et ne mérite rien. Les chiens, sur le bord de la route, détournent la tête pour ne pas me voir. Ils vomissent et s'enfuient en courant . Je ne suis plus rien, plus rien qui vaille d'être sauvé. Je le murmure à la terre qui défile sous mes yeux mais ne répond à ma voix que le brouhaha du camion qui roule avec obstination vers le nord. p.149
  3. Je ne lui dis rien de ma rencontre au marché. Il me rirait au nez et me dirait que tout cela n'est que foutaises et superstitions. Pourtant je sais que c'est vrai. Je sais qui j'ai rencontré. Son œil m'a enveloppé avec bienveillance et je me sens maintenant la force de mordre et de courir. Celle de résister à l'usure et au désespoir. Plus rien ne viendra à bout de moi. Je peux bien crever sur le bord de la route, je crèverai en chemin. Parce que je veux aller jusqu'au bout. Obstinément. p. 154

Passages sélectionnés pour le chapitre 9:

  1. Cette fois encore, Salvatore Piracci ne répondit pas. Non pas qu'il n'ait pas compris la question, ni qu'il ne se souvienne plus de son nom-il le faisait même résonner en son esprit tandis que son interlocuteur attendait sa réponse-mais il lui semblait absurde de le prononcer. Ce nom n'était plus le sien. Le plus juste était de se taire. p. 157
  2. Il vit que l'on tournait résolument le dos à la mer. C'en était fini. Les bateaux de la Méditerranée qui allaient et venaient dans un jeu de cache-cache s'éloignaient de lui. Il abandonnait le parfum des eaux, sa barque échouée sur la grève, son continent, le misérable trafic des hommes. Il tournait le dos aux ports fourmillant d'ombres et de désir et s'enfonçait dans les terres. Ghardaïa. Il sourit en son esprit. Il aimait ce nom qu'il ne connaissait pas. p. 169-170

Justification pour les passages choisis:

Chapitre 8:

1) J'ai choisi ce passage,car il représente l'action la plus choquante et la plus importante du chapitre. En effet, le protagoniste a volé pour la première fois de sa vie et ne s'en rend vraiment compte que lorsqu'il repart à bord du camion

2) Cette partie du texte m'a profondément marquée, car Soleiman est rongé par son crime et le regrette amèrement. Il se dit que tous ses proches désapprouveraient fortement son geste si ils étaient au courant. Il comprend que son voyage le change profondément et qu'il agit comme il n'aurait jamais agi si il n'était pas parti. Il est braiment marqué par son délit et se considère comme un moins que rien que même les chiens errants méprisent.

3) Dans cet extrait, l'émigrant a fait une rencontre au marché. On ne sait pas de qui il s'agit, mais par contre, cette rencontre l'a rempli d'une énergie nouvelle et intarissable. Elle a comblé le trou qu'a provoqué son vol. J'ai trouvé ce passage très beau et relevant, car le protagoniste s'est enfin fixé un but absolu: réussir son voyage et il est prêt à n'importe quoi pour réaliser ce rêve. Pour moi, ce brusque changement de pensées m'a marqué et je trouve sa détermination nouvelle splendide.

Chapitre 9:

1) Dans ce passage, je trouve très fort le fait que Piracci a renoncé à son identité au point de ne plus vouloir même son nom. Cette détermination et suite d'idées est impressionnante.

2) Cet extrait montre que Salvatore Piracci renonce jusqu'à la mer et à un nouveau métier pour poursuivre sa recherche de nouveauté et de liberté. C'est ce que j'ai trouvé le plus pertinent et marquant dans ce chapitre. Ce passage est très fort et m'a beaucoup touché.

Franck Ducotterd

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